Un océan, un lac, enfin une grande étendue de nuages quoi.

Et non l’amer de nuages pour les alsaciens ! Tu l’auras compris, si tu ne trouves pas de Picon dans ton magasin local, et bien, c’est qu’il est temps de visiter l’Alsace 😉
La mer de nuage c’est le cliché par excellence pour obtenir facilement une belle ambiance nature et mystique à la fois ! Installe toi bien, prépare déjà ton boitier, ton sac, tes pompes de rando et ton trépied !

Ou trouver une belle mer de nuages à photographier ?

Qui dit mer de nuage, dit prendre de la hauteur, sinon tu vas juste nager dans la brume. Donc je pense que la question est vite répondue non ? Faut que tu grimpes. Peu importe où.

La montagne c’est l’idéal, tu as de beaux points de vue sur la vallée, les sommets environnants, les massifs qui dépassent des nuages, un château, des arbres qui émergent de la brume etc.. Pour trouver les bons spots, il faut avoir du dénivelé entre ton point de vue et la mer de nuage. Également, un perchoir sans premier plan gênant t’offrira un meilleur rendu.

Alors forcément, il faut bien commencer par un endroit. Rien de tel que des services en ligne comme Google Maps, ou bien encore IGN Rando pour dénicher ce genre de spots. Tu peux les utiliser sur ton téléphone, et placer des repères pour tes futures sorties. Recherche sur ces logiciels des endroits ou tu vois des falaises, des points de vue déjà indiqués. Nous en parlerons de manière plus détaillée dans un prochain article.

Cela dit, tu peux également prendre de la hauteur sur des bâtiments, la colline du coin. Tout dépend de l’altitude de la couche nuageuse.

A quelle période la photographier ?

Pour saisir ce genre d’ambiance, il faut avant tout que la météo soit de ton côté. Et la météo est l’amie éternelle des photographes, ou pas… Pour ça il faut comprendre comment la mer de nuage se forme. D’ailleurs quand on parle de nuages il va falloir faire la différence entre des “vrais” nuages et de la brume matinale.

Il y a deux options :

La première, la brume matinale

Elle est généralement composée de l’humidité du sol, qui s’évapore durant la nuit ou au petit matin. Cela forme une brume dense et compacte, plus lourde que l’air ambiant et qui va donc rester plaquée dans la plaine. Mais ce type de “nuages” va vite s’évaporer aux premiers rayons du soleil.

Il faut donc se lever tôt (comme d’habitude oui je sais…) et vite se rendre à ton spot de prise de vue, que tu auras repéré au préalable. Comme ça, tu sais que tu es paré juste avant le lever du soleil et que tes réglages auront été faits avant l’instant fatidique.

Période idéale à l’automne et en hiver. On peut la croiser également en été, mais aux abords des plans d’eaux et autres grands lacs, les matins frais. Le gros avantage de cette brume c’est que son altitude va être très basse. Ce qui permet d’y avoir accès plus simplement que pour la deuxième, tu vas comprendre pourquoi.

La deuxième, c’est la vraie mer de nuages

Celle qu’on peut voir notamment sur cette photo est typique des mers de nuage hivernales, que l’on trouve en basse altitude. Je suis à environ 500m d’altitude, dans les Vosges, du coté du massif du Mont Saint Odile. Ce que l’on voit en contrebas c’est la plaine d’Alsace, avec les châteaux qui se détachent des cimes. Avec un bon zoom il sera possible de bien saisir ces détails.

Ce genre de phénomène météorologique est très courant en hiver, lors des épisodes de grands froids en plaine, avec une humidité importante. Il se produit ce qu’on appelle des inversions thermiques. Il va faire plus chaud à 1000m qu’en plaine. L’air chaud en altitude va “écraser” la couche nuageuse qui va se retrouver bloquée dans la vallée.

L’avantage avec cette deuxième option, c’est que ça peut durer des jours entiers. Voir des semaines… De quoi déprimer quand tu es sous les nuages. Donc prends ton temps, t’as tout le loisir de peaufiner tes réglages, ton emplacement et le cadrage !

Pour bénéficier de ce genre de temps, clairement l’hiver est la meilleure option. A partir du mois de novembre on commence à avoir de belles conditions. Choisis un jour où ils annoncent du brouillard en plaine, avec des températures aux alentours des 3-4°. Si tu vois un plafond nuageux bas, en gros si tu sens que les nuages sont vraiment proches, prends ta voiture, ton appareil photo et fonce !

Les conditions lumineuses seront toujours meilleures en début et fin de journée, voir notre article sur les golden et blue hour.

Comment bien photographier une mer de nuages ?

Tu prends l’autoroute A7, direction Nice, sortie 12, Croisette. Parking à gauche de la plage. Plouf. 😁🤷‍♂️

Bon plus sérieusement, une belle mer de nuages, tu peux la photographier de plusieurs manières. Quand tu es en altitude, tu peux choisir de monter haut, le plus haut possible, pour bien avoir cet effet de tapis moutonneux dans la vallée. C’est impressionnant, ça rend très bien sur les clichés et en pose longue c’est un régal. Tu as l’impression que les nuages fusionnent parfaitement avec les montagnes. Un trépied, une thermos de café chaud et t’es parti pour une belle session !

Mais tu peux aussi choisir de rester juste à la limite, au-dessus de la couche nuageuse mais genre 50-100m. Pas 800m hein ! Là c’est le moment pour saisir du détail. Quand je parle de détail, c’est tout ce que tu ne peux pas voir quand tu es trop haut (mis à part avec un 400mm). Donc la cime des arbres, un clocher, un gros pic rocheux etc.

Sur les photos ci-dessous j’ai essayé de bien capturer des détails :

Le traitement à utiliser sera différent en fonction du résultat souhaité.

Quels réglages adopter pour la photographier ?

On récapitule. Tu es en altitude, en extérieur, avec un minimum de luminosité. Idéalement tu souhaites avoir un premier plan net, sans flou de bougé et que la mer de nuage soit nette aussi ! Sinon, autant rester chez soi hein.

Nous sommes en plein jour, tu peux donc réduire la sensibilité ISO de ton boitier à son minimum (50 ou 100 ou Low). Et régler la vitesse à une valeur cohérente pour ton objectif (rappel de la règle : 1/50ème minimum pour un 50mm etc..). Si tu as pris ton trépied, tu peux choisir ce que tu veux en fonction du résultat escompté : pose normale ou longue. Les réglages de ton appareil sont importants pour ce type de prise de vue.

Pour l’ouverture il te faut une grande profondeur de champ, et pour ça il faut que tu fermes le diaphragme, au moins à f/8 voir f/11. Cela dit si tu as le soleil dans ton champ de vision il faudra sans doute fermer plus à cause de la forte luminosité. Mais aussi pour obtenir un effet que l’on appelle “Starburst“.

Starburst ? Qu’est ce que c’est ?

Aller deux articles en un ! C’est cadeau aujourd’hui. Le “starburst” c’est quand tu vas découper les rayons du soleil, pour obtenir un effet de ce type :

Les rayons du soleil passent à travers le diaphragme, fermé presque à son maximum. Pour cela, il faut au moins fermer à f/16 pour obtenir un rendu satisfaisant. Attention cependant, plus tu fermes ton diaph, plus tu diminues la qualité/piqué de ton objectif au-delà de f/22 notamment. Donc tu l’as compris, pour prendre en photo ce genre de scène, on ne parle pas de grande ouverture ou de bokeh. Mais plutôt l’inverse.

Si les conditions de lumières sont vraiment délicates, avec notamment des zones très sombres ou très claires, tu peux sans hésiter shooter en bracketing (HDR) et ajuster ton temps de pose. Mais dans ce cas le trépied est fortement recommandé pour éviter les flous de bougé et pour avoir des photos identiques en terme de cadrage. Des logiciels comme Adobe Lightroom peuvent corriger les décalages, mais rien ne vaut une bonne prise de vue plutôt qu’un post-traitement fastidieux.

En gros, passe plus de temps derrière ton appareil, que derrière ton logiciel 👌

Quels objectifs pour une mer de nuages ?

Il n’y a pas de bons ou de mauvais objectifs pour ce genre de photographie. Je pense que la photo est avant tout faite de moments que tu captures et.. Ok j’arrête.

Honnêtement je suis plus friand du grand angle pour ce genre de scène, mais une focale fixe ou un téléobjectif te permettront de saisir des détails très particuliers.

Il faut prendre en compte également la finalité de ta photo. Si tu veux faire un panoramique en assemblant plusieurs photos, peu importe. Si par contre tu veux capturer un maximum de la scène d’un seul coup pour des raisons techniques (objets en mouvements, nuages, oiseaux, océan) un grand angle fera mieux le boulot.

Il faut aussi penser au poids et à l’encombrement. Acheter un grand-angle ou un téléobjectif très lourd et/ou imposant, risquera de vite te lasser quand il s’agira de le trimballer pendant une demie journée dans ton sac à dos, avec les batteries, le trépied, la thermos, la bière, le saucisson etc…